L'oeuvre ou le moule ?

Lorsque nous avons fondé le Théâtre Bouches Décousues, je ne savais pas que de comédien à directeur général j’écrirais un jour ces lignes à l’occasion de cette 25e saison. Une saison qui se déclinera par trois créations de novembre à mai Les Mauvaises herbes, Marguerite et Ginkgo et la jardinière. Et à travers toutes ces premières, la diffusion et les projets de médiation ne sont pas en reste comme vous le découvrirez en parcourant notre brochure.


Après Léon le nul et Les flaques coproduits avec des partenaires québécois, c’est avec le Théâtre Maât de Bruxelles que nous créerons Ginkgo et la jardinière. Une coproduction qui se traduit dans le partage des façons de faire, des réalités économiques et géographiques de chacun. Se choisir, c’est la prémisse de cette histoire qui grandit au cours des rencontres et qui trouve, ici comme là-bas, la confiance de programmateurs accueillants.

Depuis 25 ans, je suis témoin du chemin parcouru par le théâtre jeune public. L’audace des propositions artistiques, l’évolution des formes et des esthétiques, la professionnalisation de nos partenaires de diffusion sont autant de signes qui démontrent la vitalité de notre pratique artistique. Je suis fier que le Théâtre Bouches Décousues y contribue avec, entre autres, des propositions atypiques comme La couturière pour un auditoire de trente spectateurs ou, plus récemment, avec Marguerite destinée aux tout-petits dès 18 mois avec une distribution de quatre interprètes. De là à dire qu’il n’y a pas de limites artistiques, il n’y a que des contraintes financières, il n’y a qu’un pas…

Le théâtre est vivant parce qu’il échappe au formatage de masse et qu’il réunit depuis des millénaires, petits et grands, autour d’une représentation. Si la diffusion au sens large est en soi un défi, et d’autant plus ces dernières années où le nombre de propositions ne cesse de croître pour un marché qui, lui, reste stable, on ne doit pas s’empêcher d’inventer d’autres façons de faire et de diffuser des œuvres singulières qui ne rentrent pas dans le moule.

C’est ce défi qui me mobilise et c’est dans ce terreau que s’exprime ma créativité. Car je vois mon travail comme un support à l’artistique, pour faciliter la mise au monde d’une oeuvre et lui permettre de se développer dans les meilleures conditions possibles.

Bonne saison !

Marc Pache
Directeur général

Tour à tour comédien,
animateur, metteur en scène
et directeur de tournée, il
fonde avec Jasmine Dubé en
1986 le Théâtre Bouches
Décousues dont il assure la
direction générale.

Marc Pache est actif au sein
de plusieurs organismes qui
défendent et font la promotion
du théâtre et, plus particulièrement,
du jeune public.